Visite du site de traitement de déchets Arc-en-ciel

By 15 mai 2017Consommation

Le 4 mai dernier, nous étions une vingtaine de Scopéliens à visiter le site de traitement des déchets Arc-en-ciel à Couëron. Poussés par l’envie de savoir où vont nos poubelles après leur ramassage, nous avons découvert les rouages de cette grande usine et pu poser les questions qui nous trottaient dans la tête. Suivez le guide !

Une grande cheminée rouge et blanche domine le site au bord de la rive nord de la Loire, à Couëron. Il s’agit d’Arc-en-ciel, le deuxième site de traitement des déchets de la métropole nantaise, après ALCEA, situé Prairie de Mauves et ouvert en 1987.

Le site a été créé en 1994 suite à un appel d’offre lancé par Nantes Métropole pour gérer sa production de déchets toujours plus importante. C’est l’entreprise Véolia avec son projet « Arc-en-ciel » qui a décroché le contrat pour une durée de 25 ans. Arc-en-ciel est une Délégation des Services Publiques, ce qui signifie que les infrastructures appartiennent à l’État mais que le fonctionnement est assuré par l’entreprise Véolia ;  son modèle économique repose sur le budget que lui affecte Nantes Métropole et grâce à la vente des matières premières secondaires (matières qui ont été recyclées) et de l’électricité créée grâce à l’incinération des déchets ménagers.

Mais comment tout cela fonctionne-t-il précisément ? Pour le savoir, notre guide nous a embarqué dans l’usine afin d’être au plus prêt de la réalité.

Le parcours des déchets ménagers

Cette première grande filière gérée désigne les déchets non recyclables que nous mettons dans les sacs bleus. Ceux-ci finissent à l’incinération. D’emblée, en entrant dans l’entrepôt, nous avons été submergés par une odeur désagréable. Son origine ? Une montagne d’ordures dépassant d’une fosse où un énorme grappin (une pince) vient régulièrement piocher dans le tas pour remplir deux fours qui brûlent chacun 6 tonnes de déchets par heure. Les fours fonctionnent à ce rythme, 24h/24h, à l’exception de 10 jours par an pour leur maintenance semestrielle. Une cadence impressionnante mais nécessaire, afin d’avaler une partie des 140 000 tonnes de déchets ménagers produits par la métropole chaque année. (Sources : Rapport annuel 2015 sur les déchets ménagers)

Mais l’incinération n’est pas vaine. Désormais, la vapeur d’eau qui résulte de la combustion est utilisée pour produire de l’électricité. Avec un total de 250 000 tonnes de vapeur dégagée par an, Arc-en-ciel produit 18 500 mégawatt-heures. C’est assez pour s’auto-alimenter et fournir de l’énergie à Arcelor Mittal, située à un kilomètre, et en revendre une partie à EDF. Quant aux résidus de l’incinération (cendres), ils sont valorisés en remblais, matière ferreuse et non ferreuse et sous-couches routières (mâchefers). En fin de course, il reste 2% de Refioms (Résidus d’épuration des fumées d’incinération des ordures ménagères) qui ne peuvent être réutilisés et qui sont envoyés dans un centre de stockage spécialisé en Vendée. Les fumées sont également traitées pour ne pas dépasser un seuil réglementaire de pollution de l’air.

Le circuit des déchets recyclables

De leur côté, les déchets issus du tri sélectif prennent un autre chemin. Depuis la mise en place du tri sélectif dans la métropole, Arc-en-ciel est le seul site à valoriser ces déchets produits par plus de 800 000 habitants. La filière de recyclage s’adapte en modernisant régulièrement son système pour accueillir de nouvelles matières. Tous les ans, 35 000 tonnes de cartons, papiers, briques alimentaires, boites de conserves et bouteilles en plastique passent sur son dédale de tapis roulants (presque un kilomètre). Ces matériaux mélangés dans les sacs jaunes sont ainsi triés par plusieurs systèmes automatisés et ce, dès l’ouverture du sac. Ensuite, un tambour sépare les déchets selon leur taille (ce qui est en dessous de 6 cm n’est pas recyclé). Un overband attire le fer et un courant de Foucault capte l’aluminium. Enfin, un séparateur balistique distingue les objets creux des objets plats et un tri optique permet de distinguer les différents types de plastiques selon leur opacité.

Malgré cette robotisation impressionnante, cent quarante employés (opérateurs et chargés de la maintenance des équipements) travaillent sur le site. Dans une cabine de tri, une petite dizaine de valoristes s’active pour effectuer un sur-tri qualitatif des matériaux qui passent sur un tapis roulant devant eux. Les opérateurs enlèvent les matières trop souillées tout en gardant les déchets de qualité qui vont pouvoir être envoyés vers des silos de stockage et mis en balle afin d’être revendus dans toute la France et à l’étranger. Ainsi, le plastique des bouteilles peut être réutilisé 5 à 10 fois pour refaire des bouteilles. Au-delà, sa qualité diminue et il est recyclé en matière polaire par exemple. Le papier est, quant à lui, réutilisé pour la presse ou pour fabriquer des emballages type cartonnette.

Au total, 81 % de la collecte sélective est valorisée et orientée vers des recycleurs. Les 19 % restants (erreurs de tri, matières trop souillées, etc…) sont incinérés comme les déchets ménagers.

Le compostage

Arc-en-ciel possède également un site de compostage à Saint Herblain qui voit passer 40 000 tonnes des déchets verts par an. Ceux-là sont issus des déchetteries (déchets verts des particuliers) et des entreprises.

Les valoristes séparent le bois (qui sert à faire du chauffage) des feuillages et autres déchets verts qui sont compostés. Les déchets verts sont broyés finement et entreposés sous un hangar durant 1 à 3 mois. L’aération et l’humidité y sont contrôlés. Pour que les micro-organismes s’activent et dégradent la matière, la température du tas doit atteindre 70°C.

Le compost réalisé au bout d’un mois est utilisé pour les grandes cultures tandis que celui qui a passé trois mois produit un amendement très riche destiné à l’agriculture biologique. La vente de compost est également adressée aux paysagistes, services des espaces verts, ainsi qu’aux particuliers qui peuvent venir l’acheter chaque mercredi matin au prix de 35€ la tonne.

Extension des consignes de tri en vue pour 2020

La part de déchets incinérés est encore grande par rapport à celle qui est recyclée (80 000 tonnes pour 35 000 tonnes à Arc-en-ciel). Mais depuis cinq ans, l’organisme Eco-Emballages planche sur l’extension des consignes de tri à tous les emballages plastiques. Une expérience qui s’est déjà déjà avérée efficace dans plusieurs communes du Nord-Vendée. « Quasiment tout est recyclable, mais à quel prix ? » nous explique la guide. C’est en effet la principale équation : la quantité de matière doit être suffisante pour développer un circuit de recyclage rentable. Les particuliers doivent également jouer le jeu et fournir des déchets de qualité suffisante pour être recyclés. Une exigence paradoxale puisqu’il est parfois difficile de ne pas souiller les emballages alimentaires qui se trouvent souvent au contact de la nourriture, tout en évitant d’utiliser de l’eau potable pour les nettoyer…

Enfin, l’autre frein au recyclage est le « multimatières ». Ces emballages élaborés à partir de plusieurs matériaux mélangés posent problème car ils ne peuvent être séparés pour être recyclés. Les barquettes de jambon en sont un bon exemple. Ces emballages sont conçus à partir de 4 types de plastiques différents : un type pour la feuille du couvercle, et trois couches différentes pour le contenant, le plastique en contact avec l’extérieur étant de moindre qualité et de moindre coût que celui qui est directement en contact avec l’aliment. Un travail reste donc à faire pour les industriels qui réalisent les emballages, accompagnés par les organismes Eco-Emballages et l’ADEME. Les citoyens peuvent également peser dans la balance en boycottant ces produits, à condition qu’ils soient informés !

Désormais, à nous, consommateurs et Scopéliens, de choisir nos produits pour éviter ces suremballages et tendre vers le 0 déchet !

Il est possible de visiter les deux sites de traitement des déchets de Nantes (ALCEA et Arc-en-ciel) par groupe de 10 minimum. Rendez-vous sur les sites internet :

http://www.usine-arcenciel.fr

http://www.usine-alcea.fr/

Article écrit par Tiphaine et Louis

2 Comments

  • lebastard dit :

    Merci pour le récap d’infos 🙂 les chiffres sont bien utiles!! ils sont plus efficaces que ce que je pensais , et j’ignorais totalement qu’il faisait du compostage!!!ça serait vraiment un plus si la communauté de commune commençait à récupérer tous les déchets organiques des particuliers, avez vous entendu parler de cette éventualité?!

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