Les clients au pouvoir dans leur supermarché et direction Rezé ce soir, dans les gens d'ici. Cyril Dudon et Jean-Marc Lally ont poussé les portes d'un magasin 100% coopératif et 100% autogéré sur place. Pas de patron mais des décisions prises de manière collégiale par les clients eux-mêmes, tous actionnaires. "Regardez. Aujourd'hui nous sommes à Scopeli, le seul supermarché coopératif de la région nantaise. Alors ça veut dire quoi ? Eh bien les clients sont aussi les propriétaires de leurs magasins et s'ils veulent que leur boutique tourne, eh bien il faut que chacun mette la main à la pâte." "Scopeli, c'est un supermarché dans lequel on est tous actionnaires. On a acheté une action, chacun à 10 euros. Le supermarché nous appartient à tous et l'idée c'est de donner trois heures de son temps par mois, lissé sur l'année, pour faire tourner ce supermarché." "Nous n'avons que deux salariés donc tout le reste tourne, que ce soit le ménage, la caisse, le fromage, la réception de marchandises, la comptabilité, les achats, tout est fait par des coopérateurs, des coopératrices. C'est chouette, c'est comme une grande famille en fait. C'est vrai qu'on croise souvent les mêmes personnes parce que je viens toujours sur les mêmes horaires et les mêmes jours de la semaine mais du coup c'est très bien parce que justement on apprend à se connaître et on a plaisir à se retrouver." "Et pour que ça puisse exister, il faut que le supermarché ne perde pas d'argent donc il faut qu'on ait un minimum de clients et un minimum de vacataires. Si jamais un soir il n'y a pas assez de monde qui est inscrit pour faire tourner le supermarché, ben on ne l'ouvre pas tout bêtement." "Déjà avec les enfants quand on vient faire les courses c'est super agréable parce qu'elles ont leur espace jeu. On fait toutes nos courses ici clairement parce que les prix sont tops, la qualité est top. Même quand on est en train de faire nos courses on a envie d'aller aider parce qu'on le connaît. Donc ouais c'est notre magasin." Scopeli c'est une vraie ruche, toute la journée ça rentre, ça sort. Il faut dire qu'ils sont près de 2800 adhérents et on va le voir, même l'administratif, ce sont les scopeliens qui s'y collent et c'est ici. On va regarder qu'est ce que ça donne le stock de confiture de fraises. Alors confiture de fraises, il y en a 260 grammes, il en reste 8 en stock. C'est quelque chose que vous saviez déjà faire ? "Non absolument pas, non non. Moi j'étais contrôleur aérien donc ça n'a rien à voir avec l'épicerie, ni les commandes, ni les fournisseurs." "Ils sont tous bénévoles. C'est sympa parce que du coup quand ils viennent, ils sont motivés et ils viennent parce qu'ils ont envie de venir donc c'est sympa. C'est la première fois que je travaille avec des bénévoles et c'est vrai que c'est plus jovial." "C'est une aventure humaine d'être à Scopeli ? On y trouve de la joie de vivre, on y trouve des gens qui sont prêts à passer du temps gratuitement et ça c'est, il n'y a pas beaucoup d'endroits où on trouve ça. Et ça c'est sympa ça. Et ça fait revenir." "Il y a un truc qui est rigolo chez Scopeli, c'est que pour servir du sucre en vrac, on a eu la bonne idée de percer les louches. "Et c'est quoi l'idée alors ?" "Non mais en fait c'est pour que les louches soient... Pour les accrocher. Voilà pour les accrocher. Alors regardez, c'est ingénieux ? C'est pas mal." "Il n'y a pas de hiérarchie, après il y a malgré tout des prises de décision mais qui sont le plus démocratique possible. Nous avons deux comités, c'est une réunion tous les 15 jours, il y a 15 personnes qui viennent, qui sont les personnes en fait qui s'impliquent un peu plus de fait, voilà. Mais c'est à la portée de n'importe qui, n'importe quel coopérateur peut entrer dans le comité de pilotage." "Est-ce qu'on est bon là ? Il ne fait que 25 kilos. C'est bon, mais il n'y a pas... Scopeli se modernise en fait. Oui, il faut bien, c'est pas possible d'autrement. Dans notre monde d'aujourd'hui, on ne peut pas faire autrement." "On est tous coopérateurs et on va tous en même sens essayer de mieux consommer, dans le respect si possible du producteur qu'il a gagné sa vie correctement, avec le moins de déchets possible et le plus local possible. Tout le monde peut devenir scopélien." Pour cela, il suffit juste d'acquérir des parts sociales pour la somme modique de 10 euros et puis après il faut juste travailler. Moi, j'ai choisi de commencer ma période d'essai par la caisse. Ah, ça a bipé deux fois ! C'est plus compliqué que ce que je pensais." "Bravo à vous Cyril, vous vous en sortez parfaitement bien !"